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L'AFRIQUE ET LE NOUVEAU PAYSAGE MONDIAL DEFIS ET OPPORTUNITES, DISCOURS DE SEM ALASSANE OUATTARA

Excellence Monsieur Jakaya KIKWETE, Président de la République de Tanzanie,

Monsieur le Président Omar KABAJ, représentant Sa Majesté le Roi du Maroc,

Monsieur le Président du Conseil des Gouverneurs,

Mesdames et Messieurs  les Gouverneurs,

Monsieur le Président du Groupe de la Banque Africaine de Développement, 

Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et représentants des organisations internationales,

Mesdames et Messieurs les Administrateurs,

Honorables invités,

Mesdames et Messieurs,

 

Excellence Monsieur le Président de la République, cher frère, cher ami, je voudrais, vous remercier chaleureusement de m’avoir fait l’honneur de m’inviter  aux Assemblées Annuelles de la Banque Africaine de Développement, qui se tiennent dans  cette si belle ville d’Arusha.

Je voudrais saisir l’occasion qui m’est offerte pour vous renouveler la gratitude du peuple et du Gouvernement ivoiriens pour la part active que vous avez prise dans la résolution de la crie postélectorale en Côte d’Ivoire, dans le cadre du panel de l’Union Africaine.

Le soutien de tous nos frères africains a été déterminant pour l’avenir de la Côte d’Ivoire et celui de la démocratie sur notre continent.

 

 Je voudrais également saluer  le Président de la BAD, Dr. Donald Kaberuka, et le féliciter pour l’immense travail qu’il effectue à la tête de notre institution continentale. Sous son autorité, la BAD est devenue un partenaire de confiance pour tous nos pays et je suis sûr qu’elle saura répondre aux nombreux défis et aux opportunités de notre monde en perpétuel changement.

 

Je  voudrais enfin  saluer  tous les Gouverneurs  présents à cette cérémonie et les féliciter pour les travaux en cours.

Excellence, Mesdames et Messieurs,

 

Cette conférence sur le thème « L’Afrique et le nouveau paysage mondial – défis et opportunité » se tient à un moment crucial de l’histoire mondiale. Un nouveau monde est en train de naitre, avec l’arrivée de nouvelles puissances sur la scène internationale et le rôle primordial des pays émergents dans les échanges internationaux. La carte des nouveaux rapports qui se dessine sous nos yeux appelle à une meilleure gouvernance et une plus grande transparence, tant au niveau mondial que continental et sous régional. 

 

Il n’est pas besoin de rappeler la nécessité pour nos pays d’être  mieux représentés dans le Système des Nations Unies y compris au Conseil de Sécurité et que la sélection des dirigeants des Grandes Institutions Internationales soit basée dorénavant sur le mérite. Je voudrais à cet égard rendre hommage à Madame la Ministre Dr. Ngozi Okonjo-Iweala pour avoir été la voix du changement de tous les pays d’Afrique, qui se sont unis derrière sa candidature à la présidence de la Banque Mondiale.

 

 Excellence, Mesdames, Messieurs,

 

 J’aborderai dans un premier temps les faits qui démontrent que l’Afrique est en marche et les défis auxquels elle est confrontée ainsi que les opportunités qui s’offrent à elle. Je vous parlerai ensuite  de mon Pays la Côte d’Ivoire, et je  partagerai enfin,  avec vous, l’un de mes souhaits les plus ardents, qui est le retour de la Banque en Côte d’Ivire.

 

 Après l’afro pessimisme nous sommes à l’heure de l’afro optimisme et l’on entend dire que Les Lions d’Afrique sont entrain de poursuivre Les Tigres Asiatiques, bien devant Les Lamas d’Amérique Latine et le Moyen Orient, en prise avec les retombées de la révolution du jasmin.

 

L’Afrique est-elle en marche ? Quels sont les défis auxquels elle doit faire face avec la BAD ?

 

Mesdames, Messieurs, l’Afrique subsaharienne a  maintenu un taux de croissance moyen  entre 5 et 6 %  dans la dernière décennie, malgré les crises à répétition qu’ont connues les  Etats Unis d’Amérique et   l’Union Européenne. Ce fut du jamais vu dans l’histoire de notre continent.

Ce taux  de croissance place l’Afrique derrière  l’Asie et avant tous les autres régions du monde.  En termes de croissance, un  grand nombre de nos pays figurent  parmi les pays les plus dynamiques au monde. Globalement, selon les experts du Fonds Monétaire International et de la Banque Mondiale, les perspectives  à moyen terme pour  notre continent demeurent favorables.  Mais, il existe des problèmes sous régionaux auxquels nous devons porter  une attention particulière. Il s’agit notamment :

-     du réchauffement climatique et ses conséquences sur une sècheresse qui sévit dans le Sahel et dans la Corne de l’Afrique,

-          de l’inflation persistante en Afrique de l’Est,  

-          de la lente reprise en Afrique du Sud, et

-          de la montée de l’insécurité dans certains pays comme le Mali, la Guinée-Bissau et la Somalie.

 

 Malgré les risques de dégradation de la situation en Europe, le tableau global pour l’Afrique subsaharienne, est devenu plus encourageant que pour les autres régions du monde, notamment l’Europe et l’Amérique du Nord. Cela tient en partie aux caractéristiques suivantes, que beaucoup de nos pays ont en commun avec les pays émergents :

-  une urbanisation rapide,

-  la montée d’une classe moyenne significative qui aurait dépassée celle de l’Inde,

- le développement rapide des technologies de l’information et des communications, les TICs (aujourd’hui, il y aurait en Afrique plus de portables qu’aux USA et en Europe),

 -  une meilleure gouvernance et un meilleur environnement des affaires,

 - des élections de plus en plus transparentes et l’émergence d’un Etat de droit, avec des institutions fortes.

 

Comme il y a trois décennies en Asie, l’Afrique pourrait également bénéficier pleinement des « dividendes démographiques ». La population africaine se chiffre à environ 1 milliard de personnes. D’ici 2050, elle atteindra 2 milliards de personnes. Aujourd’hui, l’âge moyen est de 20 ans pour 30 ans en Asie et 40 ans en Europe.

 

Ces dividendes démographiques peuvent se transformer aussi en un danger : la fracture sociale,  si les obstacles à la croissance productrice d’emplois ne sont pas levés pour notre jeunesse. En effet, sans croissance équitable et durable, sans espoir, les millions de jeunes qui rentrent tous les ans sur le marché du travail pourraient être attirés vers des activités et des groupuscules peu recommandables. Sans perspective d’avenir, cette situation créera des tensions sociales et la violence dans nos villes.

De telles perspectives représentent un danger pour la stabilité de notre continent mais aussi pour le monde. C’est un véritable défi à relever pour nos pays.  Je sais pouvoir compter sur la BAD pour venir en aide à nos pays qui ont le devoir d’affronter dès aujourd’hui ces grands défis.

Le taux d'investissement étranger a été multiplié par dix au cours de la dernière décennie notamment  en Chine, en Inde, et au Brésil. Comme ce fut le cas au début du miracle économique asiatique, il y a 25 ans, un accroissement relativement faible du taux d’investissement en Afrique peut produire des gains de productivité très élevés. Le taux de rendement des investissements en Afrique figure parmi les plus élevés au monde. Les investissements étrangers directs sont plus élevés qu’en Inde.

 

L’Afrique est aussi de plus en plus intégrée dans l’économie mondiale. Ses partenaires de plus en plus diversifiés ouvrent de nouvelles opportunités de développement sans précédent. De nouveaux modèles de développement plus proche des caractéristiques de nos pays voient le jour. Depuis l’an 2000, les échanges commerciaux de l’Afrique avec le reste du Monde ont augmenté de 200%. Les échanges avec le Brésil, la Chine, la Corée du Sud, l’Inde et la Turquie qui ne représentaient que 1 % sont estimés aujourd’hui à plus de 30 %. Ils devraient atteindre  50 % d’ici 2030. Cette diversification a permis à une grande partie de nos pays de mieux résister aux crises successives.

Cependant, de nouveaux défis se présentent à nos pays pour  rester compétitifs, accroitre leur part de marché, et répondre aux exigences de la demande internationale.

Je suis heureux de noter que la BAD prend en compte cette approche dans sa stratégie à long terme qui est en cours d’élaboration.

 

Il faut que nos pays fassent les efforts nécessaires pour se retrouver au rang des 100 premiers pays du monde dans le classement d’un climat sain dans les affaires, d’une bonne gouvernance et de la lutte contre la corruption. 

 

Nous devons également accroitre la productivité en améliorant nos systèmes éducatifs, et en créant une main d’œuvre qualifiée, notamment au travers d’une formation professionnelle mieux adaptée aux besoins du monde du travail.

Nous devons enfin renforcer nos systèmes de santé pour mieux lutter contre les grandes pandémies et pour fournir les soins de base à chacun de nos concitoyens. Un bon système de santé réduit l’absentéisme en milieu scolaire et au travail ; il baisse également le taux de mortalité et augmente par conséquent la productivité au travail.  

 

Je voudrais particulièrement insister sur trois  points qui me semblent essentiels pour soutenir notre rythme de croissance, assurer l’écoulement de notre production, et créer des marchés de taille significative, tant au niveau national que régional.

 

Premièrement,nous devons faire de gros efforts pour résoudre le sérieux déficit en infrastructures que connaissent de nombreux pays africains, y compris les pays les plus enclavés. Nous devons renforcer nos infrastructures routières, fluviales, aéroportuaires, et portuaires, tant au niveau national que régional. Toutes les études montrent que les grands travaux d’l’infrastructures ont été l’un des piliers du décollage des pays émergents et une source formidable d’emplois.

Je demande donc à la BAD de bien vouloir porter une attention toute particulière au domaine des infrastructures dans sa stratégie et d’assurer un rôle de leader dans ce domaine.

 

Deuxièmement,nous savons tous que le miracle asiatique est aussi fondé sur le soutien aux petites et moyennes entreprises.  En Afrique, ce domaine présente un grand déficit qui doit être comblé. Nous avons besoin de diversifier nos sources de financement en recherchant des moyens non traditionnels et en encourageant le Partenariat Public Privé. J’appelle donc la BAD à travers des systèmes de financement innovants à aider nos pays à  accompagner les PME et à jouer un rôle  prédominant dans ce secteur en Afrique.

 

Troisièmement,  j’appelle la BAD à continuer de jouer pleinement son rôle de conseillère avisée des entités régionales et gouvernementales.  Je l’encourage  à devenir encore plus un pôle d’excellence, de recherche et de conseil  dans les domaines du développement en Afrique.  Je vous encourage, Monsieur le Président, à renforcer son rôle de dissémination des connaissances pertinentes et d’identifier et partager les meilleures pratiques avec ses clients.  Enfin, je vous encourage à tisser des liens encore plus étroits avec les centres d’excellence dans les pays émergents  comme par exemple la Banque Asiatique de Développement. 

 

Excellence, Mesdames, Messieurs,

 

Je voudrais à présent vous parler de mon cher pays, la Côte d’Ivoire. Les Institutions de la République de Côte d’Ivoire sont maintenant en place et fonctionnent normalement, la sécurité est revenue sur l’ensemble du territoire, une armée unie a été créée. Elle est en cours de renforcement et de modernisation, dans le cadre de la Réforme du Secteur de la Sécurité. La réconciliation progresse grâce au travail assidu de la Commission Dialogue,  Vérité et Réconciliation. Des élections législatives libres et transparentes ont eu lieu en décembre 2011 et en février 2012. Chaque jour, la démocratie se renforce, avec la mise en place d’un Etat de Droit et des institutions fortes et impartiales.

 

 Les résultats économiques relevés à fin décembre 2011 sont bien meilleurs que prévus. Selon toutes les indications, notre pays devrait atteindre le point d’achèvement PPTE avant la fin du mois de juin 2012. Nous venons d’adopter un Plan  National de développement 2012-2015 qui définit les puissants moteurs de croissance tant transversaux qu’horizontaux , qui nous  permettront  d’atteindre une croissance forte, soutenue, solidaire, équitable, mais respectueuse de l’environnement  et surtout créatrice d’emplois.

 

 La croissance économique sera tirée par une forte reprise des investissements publics et privés, mais également de la consommation, grâce à la réforme de la filière café-cacao, qui permettra un accroissement important des revenus des planteurs et des paysans. La croissance devrait atteindre 8 % en 2012, et, en moyenne, environ 10% par an sur les trois prochaines années, rejoignant ainsi le groupe de tête des pays à forte croissance en Afrique.

 

Oui, Mesdames et Messieurs,la Côte d’Ivoire est en marche. Elle a repris sa place parmi les locomotives dans la sous-région et nous avons l’ambition de faire de notre pays, un pays émergent à l’horizon 2020.

 

Avec les pays frères de la CEDEAO, nous lançons actuellement de grands chantiers régionaux d’infrastructures, afin de permettre aux pays voisins, notamment le  Burkina Faso, le Niger, le Mali, la Guinée Bissau et le Liberia d’écouler leurs vastes ressources naturelles et encourager le commerce régional. Nous voulons créer des centres régionaux d’excellence dans les secteurs de la santé, de l’éducation, de l’agriculture, de la recherche scientifique, de l’innovation technologique, de la coopération douanière et militaire. En tant que  Président en exercice de la CEDEAO, je ne ménagerai aucun effort pour consolider notre intégration régionale.

 

Je mettrai également tout en œuvre,  avec le soutien de mes Pairs, pour prévenir les conflits et faire respecter les règles élémentaires de la démocratie. Nous ne pouvons plus accepter sur notre continent des coups d’état militaire et la mainmise de  groupes armés sur des pans de territoire en Afrique. Nous devons  être unis et combattre de toutes nos forces le terrorisme, les trafics d’armes, de drogue, de femmes et d ‘enfants. Il y va de l’avenir de nos concitoyens et de notre continent.

 

Excellences, Mesdames et Messieurs les Gouverneurs, honorables invités, Mesdames, Messieurs,

 

Je voudrais conclure  en vous disant que la Côte d’Ivoire espère que la cérémonie marquant le cinquantenaire de notre institution se   tiendra au siège de la BAD, chez elle, à Abidjan, en novembre 2014. Je suis heureux de constater que la BAD a conclu que la sécurité n’était plus un obstacle à son retour et que le niveau d’alerte sécuritaire en Côte d’Ivoire est passé de 3 à 1. Je voudrais saisir cette opportunité pour remercier le Gouvernement et le peuple tunisiens pour avoir accueilli la BAD pendant ces années difficiles vécues par notre pays.

 

Excellences, Mesdames et Messieurs,

 

La Côte d’Ivoire sollicite donc la fin de la période de relocalisation de la BAD et elle attend son retour avec impatience, dans les prochains mois, pour lui dire  enfin « Akwaba». A cet égard, nous ne ménagerons aucun effort pour réunir les conditions de travail, de logements et les autres facilités pour le personnel de la BAD à Abidjan.

Je vous dis donc, avec enthousiasme, à bientôt, à Abidjan !

 

         Je vous remercie.

        Arusha,le 31 mai 2012

          

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